{"id":783,"date":"2026-01-06T22:51:38","date_gmt":"2026-01-06T21:51:38","guid":{"rendered":"https:\/\/elytres.net\/?p=783"},"modified":"2026-01-06T22:52:40","modified_gmt":"2026-01-06T21:52:40","slug":"ecoutes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/elytres.net\/?p=783","title":{"rendered":"\u00c9coutes"},"content":{"rendered":"\n<p><em>En d\u00e9cembre 2005, alors \u00e9l\u00e8ve de composition \u00e9lectroacoustique au CRR de Bordeaux, je devais produire un expos\u00e9 sur le sujet de mon choix (en lien avec la musique concr\u00e8te).<br>C\u2019est plein d\u2019enthousiasme que je me suis attaqu\u00e9 \u00e0 un gros morceau, comme vous pourrez en juger \u00e0 la lecture du titre (d\u2019\u00e9poque) ci-apr\u00e8s.<br>Je n\u2019avais pas encore eu vent des travaux de Knud Viktor, \u00e0 peine de ceux de Yann Parantho\u00ebn, et je n\u2019avais pas encore entendu parler d\u2019Alison Bechdel \u2013 ce texte ne passe pas du tout son test.<br>J\u2019\u00e9crirais ce texte diff\u00e9remment aujourd\u2019hui, mais maintenant que vous avez le contexte, je vous laisse lire et juger par vous-m\u00eame.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c9coutes &#8211; Prise de son cr\u00e9ative et \u00e9coute r\u00e9duite, environnement sonore et perception.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>RABELAIS, Le Quart Livre (\u00e9dition&nbsp;: 1552), chapitre 56 :<br>\u00ab\u00a0Les paroles et les cris des hommes et des femmes, les chocs des masses d&rsquo;armes, les heurts des armures et des harnachements, les hennissements des chevaux, le vacarme des combats ont gel\u00e9 alors dans l&rsquo;air. \u00c0 pr\u00e9sent, pass\u00e9e la rigueur de l&rsquo;hiver, avec l&rsquo;arriv\u00e9e de la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et de la douceur du beau temps, ces paroles fondent et se font entendre.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Je souhaite ici \u00e9voquer diff\u00e9rents sujets qui ont pour intersection la prise de son et le ph\u00e9nom\u00e8ne de l&rsquo;\u00e9coute.<\/p>\n\n\n\n<p>De la d\u00e9couverte \u00e0 l&rsquo;usage :<\/p>\n\n\n\n<p>La prise de son, ou phonographie (invent\u00e9e en 1877 par Charles Cros) a profond\u00e9ment boulevers\u00e9 notre perception du sonore.<br>En effet, \u00ab\u00a0la phonographie (inscription des sons sur un support) suppose une \u00e9coute m\u00e9diatis\u00e9e de ph\u00e9nom\u00e8nes sonores. Il s&rsquo;agit, plus qu&rsquo;une simple m\u00e9morisation d&rsquo;\u00e9v\u00e8nements, d&rsquo;une v\u00e9ritable augmentation perceptive.\u00a0\u00bb [1]<br>L&rsquo;ou\u00efe y gagne en acuit\u00e9, le son est d\u00e9contextualis\u00e9, disponible \u00e0 la r\u00e9\u00e9coute autant de fois qu&rsquo;on le d\u00e9sire.<\/p>\n\n\n\n<p>Je veux parler ici de la cr\u00e9ation sonore li\u00e9e \u00e0 la phonographie.<br>Il est int\u00e9ressant de noter que pr\u00e8s de 70 ans se sont d\u00e9roul\u00e9s entre l&rsquo;invention du principe technique et les premi\u00e8res exp\u00e9rimentations artistiques, et qu&rsquo;il fallut encore attendre une vingtaine d&rsquo;ann\u00e9es avant d&rsquo;arriver \u00e0 une expression artistique mature soit pr\u00e8s d&rsquo;un si\u00e8cle en tout.<br>Il ne me semble pas qu&rsquo;il en ait \u00e9t\u00e9 ainsi avec la photographie ou le cin\u00e9ma.<\/p>\n\n\n\n<p>Types d&rsquo;\u00e9coutes, Schaeffer et Schafer :<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours de la seconde moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle, deux th\u00e9ories antagonistes de l&rsquo;\u00e9coute ont \u00e9t\u00e9 imagin\u00e9es, l&rsquo;une par Pierre Schaeffer et l&rsquo;autre par R. Murray Schafer.<\/p>\n\n\n\n<p>a : Pierre Schaeffer, \u00e9coute r\u00e9duite et objet sonore :<\/p>\n\n\n\n<p>Une premi\u00e8re th\u00e9orisation de l&rsquo;\u00e9coute fut men\u00e9e par Pierre Schaeffer pour le Trait\u00e9 des Objets Musicaux (\u00e9dit\u00e9 en 1966 aux \u00e9ditions du Seuil).<br>Au cours de cette recherche, plusieurs concepts ont \u00e9t\u00e9s d\u00e9gag\u00e9s, dont celui de l&rsquo;\u00e9coute r\u00e9duite, qui s&rsquo;inspire de l&rsquo;\u00e9poch\u00e8 de Husserl \u00ab\u00a0(du grec epokh\u00ea, point d&rsquo;arr\u00eat) [&#8230;], appel\u00e9e aussi \u00ab r\u00e9duction ph\u00e9nom\u00e9nologique \u00bb, [&#8230;] et qui consiste en une \u00ab mise hors jeu, hors circuit, entre parenth\u00e8ses \u00bb (Lyotard) de l&rsquo;existence du monde ext\u00e9rieur pour prendre conscience de l&rsquo;activit\u00e9 de perception.<br>Par cette \u00ab r\u00e9duction le monde environnant n&rsquo;est plus simplement existant, mais \u00ab\u00a0ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;existence\u00a0\u00bb \u00bb (Husserl, M\u00e9ditations cart\u00e9siennes).<br>C&rsquo;est donc selon le principe de l&rsquo;\u00e9poch\u00e8 que l&rsquo;\u00e9coute r\u00e9duite fait abstraction de la causalit\u00e9 du son, l&rsquo;oublie, pour ne retenir que le ph\u00e9nom\u00e8ne sonore lui-m\u00eame\u00a0\u00bb[2], \u00ab\u00a0afin d&rsquo;en saisir les valeurs et les caract\u00e8res propres, sans tenir compte de sa source, des indices qu&rsquo;elle r\u00e9v\u00e8le ou de son \u00e9ventuelle signification.<br>C&rsquo;est une \u00ab activit\u00e9 perceptive \u00bb intentionnelle, qui se propose de consid\u00e9rer le son comme \u00ab objet de perception \u00bb ; l&rsquo;\u00e9coute r\u00e9duite et l&rsquo;objet sonore sont donc corr\u00e9lats l&rsquo;un de l&rsquo;autre. L&rsquo;\u00e9coute r\u00e9duite s&rsquo;oppose \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute ordinaire, dans laquelle le son est toujours porteur d&rsquo;informations.\u00a0\u00bb[3]<br>Ces deux notions sont \u00e0 la base de la musique acousmatique.<\/p>\n\n\n\n<p>b : Robert Murray Schafer, \u00e9coute causale et paysage sonore :<\/p>\n\n\n\n<p>Cinq ans apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9dition du T.O.M. , Robert Murray Schafer lance son World Soundcape Project (projet mondial d&rsquo;environnement sonore) au sein de l&rsquo;Universit\u00e9 Simon Fraser de Vancouver.<br>\u00ab\u00a0[Ce projet] se propose de dresser une sorte d&rsquo;inventaire, d&rsquo;archivage sonore du quotidien de notre \u00e9poque, dans une approche \u00e0 la fois acoustique, \u00e9cologique, symbolique, esth\u00e9tique et musicale.\u00a0\u00bb[4]<br>En 1980, il \u00e9dite \u00ab\u00a0The Tuning of the World\u00a0\u00bb, recherche envisag\u00e9e sous l&rsquo;angle de l&rsquo;\u00e9cologie acoustique.<br>Il y d\u00e9veloppe la notion de fait sonore, \u00ab\u00a0qui d\u00e9signe les sons pris et analys\u00e9s dans leur rapport \u00e0 un environnement et non pour eux-m\u00eames comme l&rsquo;implique la notion schaefferienne d&rsquo;objet sonore.\u00a0\u00bb[5]<br>\u00ab\u00a0[Le Paysage Sonore (traduction fran\u00e7aise de The Tuning of the World) a influenc\u00e9] bien des \u00e9lectroacousticiens et a suscit\u00e9 de nombreuses \u0153uvres. Celles-ci font appel \u00e0 des prises de son po\u00e9tiquement riches et \u00e0 des documents enregistr\u00e9s charg\u00e9s de sens, dans lesquels dominent les images r\u00e9f\u00e9rentielles.\u00a0\u00bb[6]<br>Le paysage sonore ou soundscape est devenu un terme musical et repr\u00e9sente une partie de la musique \u00e9lectroacoustique.<\/p>\n\n\n\n<p>De la m\u00eame fa\u00e7on que la musique concr\u00e8te et la musique \u00e9lectronique furent en opposition, l&rsquo;art acousmatique et le paysage sonore sont en confrontation directe.<br>Bien s\u00fbr, la situation th\u00e9orique est bien plus simple (voire simpliste) que la r\u00e9alit\u00e9, et de nombreux compositeurs utilisent et m\u00ealent ces deux concepts.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s 1963-1964, Luc Ferrari avait involontairement fait scandale en incluant des sons r\u00e9alistes dans H\u00e9t\u00e9rozygote:<br>\u00ab\u00a0Fran\u00e7ois Delalande : Avec H\u00e9t\u00e9rozygote tu as introduit des sons r\u00e9alistes, anecdotiques, et Schaeffer n&rsquo;a pas aim\u00e9 cela, c&rsquo;\u00e9tait trop diff\u00e9rent de l&rsquo;\u00e9coute abstraite.<br>Luc Ferrari : Quand j&rsquo;ai fait H\u00e9t\u00e9rozygote en 1963-1964, j&rsquo;ai employ\u00e9 des sons qui n&rsquo;\u00e9taient pas dans le monde de la musique, qui n&rsquo;\u00e9taient pas des sons concrets, qui \u00e9taient dans le monde des bruits.<br>[&#8230;]<br>C&rsquo;\u00e9tait cons\u00e9quent, pour moi, d&rsquo;introduire du bruit anecdotique dans le discours musical.<br>Daniel Terrugi : Qu&rsquo;en a dit Schaeffer?<br>Luc Ferrari : C&rsquo;est l\u00e0 o\u00f9 j&rsquo;\u00e9tais na\u00eff. Je pensais que \u00e7a allait lui plaire. Je ne faisais pas des choses pour lui plaire, mais parce que pour moi c&rsquo;\u00e9tait une n\u00e9cessit\u00e9, mais j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 surpris de sa r\u00e9action de sa violence. Il a dit que c&rsquo;\u00e9tait incoh\u00e9rent, qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de forme, que c&rsquo;\u00e9tait du bruit. Venant de lui, \u00e7a m&rsquo;a profond\u00e9ment choqu\u00e9, parce que je pensais que c&rsquo;\u00e9tait proche de l&rsquo;attitude de la Symphonie pour un homme seul, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s \u00e9tonn\u00e9.\u00a0\u00bb [7]<br>Avec H\u00e9t\u00e9rozygote, Luc Ferrari annon\u00e7ait le paysage sonore mais il en refusera la paternit\u00e9, comme on peut le lire dans le livre d\u2019entretiens avec Jacqueline Caux [8]<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, il nous faut parler de Francisco Lopez et de son positionnement qui pourrait para\u00eetre paradoxal&nbsp;: en effet ses pi\u00e8ces donnent souvent \u00e0 entendre des prises brutes, en milieu naturel comme urbain. On pourrait le croire plus proche de Schafer que de Schaeffer or c\u2019est tout l\u2019inverse&nbsp;: il se r\u00e9clame du second, au titre de la libert\u00e9 artistique.<\/p>\n\n\n\n<p>Pratiques:<\/p>\n\n\n\n<p>Scanner et son scanner :<br>\u00ab\u00a0Robin Rimbaud (plus connu sous le nom de Scanner) r\u00e9alise des disques bas\u00e9s sur la mati\u00e8re qu&rsquo;il collecte via son scanner, au gr\u00e9 de conversations t\u00e9l\u00e9phoniques. Des sons, des atmosph\u00e8res et parfois des rythmes s&rsquo;y ajoutent, mais le mat\u00e9riau central est fait d&rsquo;individus qui parlent avec l&rsquo;assurance erron\u00e9e que personne d&rsquo;autre n&rsquo;\u00e9coute.<br>\u00ab\u00a0Je me suis toujours int\u00e9ress\u00e9 aux enregistrements de terrain\u00a0\u00bb, explique-t-il. \u00ab\u00a0Plus jeune, lorsque j&rsquo;avais treize ou quatorze ans, je suspendais des micros aux fen\u00eatres de la maison familiale et j&rsquo;enregistrais ce qu&rsquo;il y avait dans la rue. J&rsquo;ai des heures de bandes; je ne sais pas comment vous d\u00e9finiriez \u00e7a. Avec le scanner, j&rsquo;appelle \u00e7a cartographier la ville.<br>[&#8230;]<br>\u00ab\u00a0Je me suis toujours int\u00e9ress\u00e9 aux blancs dans les conversations. [&#8230;] Ce que j&rsquo;ai souvent fait, c&rsquo;est \u00e9chantillonner aussi les petits \u00e9l\u00e9ments qu&rsquo;on entend au fond [&#8230;] qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de personnes se d\u00e9pla\u00e7ant dans la pi\u00e8ce, d&rsquo;une radio allum\u00e9e ou d&rsquo;autre chose, j&rsquo;en fais une boucle et je la manipule pour l&rsquo;utiliser comme texture. Mais c&rsquo;est \u00e0 ces moments-l\u00e0 que beaucoup de choses s&rsquo;ouvrent v\u00e9ritablement.<br>[&#8230;]<br>\u00ab\u00a0L&rsquo;un des aspects les plus importants pour moi, c&rsquo;est le c\u00f4t\u00e9 al\u00e9atoire. Vous ne savez jamais vraiment ce que vous allez saisir. Quand je donne un concert et que je fais un set improvis\u00e9, je ne sais jamais si je vais capter autre chose que de la friture. C&rsquo;est tout autant utilisable\u00a0\u00bb. [9]<\/p>\n\n\n\n<p>Brian Eno truffe une vall\u00e9e de microphones :<br>\u00ab\u00a0En 1989, Brian Eno fut invit\u00e9 \u00e0 composer et interpr\u00e9ter une nouvelle \u0153uvre pour l&rsquo;inauguration du temple Tenkawa Shinto pr\u00e8s de Tokyo.<br>[&#8230;]<br>\u00ab\u00a0Il me sembla qu&rsquo;il \u00e9tait appropri\u00e9 de penser le concert comme un moyen de recevoir, d&rsquo;assimiler, puis de restituer divers ph\u00e9nom\u00e8nes acoustiques de la vall\u00e9e\u00a0\u00bb \u00e9crivit-il. Il explore des id\u00e9es d&rsquo;amplification et de mixage de sons ambiants en cercle concentriques, depuis l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 de la vall\u00e9e jusqu&rsquo;au point de focalisation du temple lui-m\u00eame\u00a0\u00bb. [10]<\/p>\n\n\n\n<p>Michael Prime et la microphonie:<br>\u00ab\u00a0Dans ma musique\u00a0\u00bb, \u00e9crit Michael Prime, \u00ab\u00a0j&rsquo;essaye de rassembler des sons provenant de diverses sources environnementales, [&#8230;] en particulier des sons qui ne seraient habituellement pas audibles.<br>[&#8230;]<br>Je m&rsquo;int\u00e9resse tout sp\u00e9cialement aux sons provenant de sources organiques telles les plantes, les champignons et le syst\u00e8me nerveux humain.<br>[&#8230;]<br>Des signaux en ondes courtes p\u00e9n\u00e8trent notre corps \u00e0 chaque instant et constituent une source musicale consid\u00e9rable.\u00a0\u00bb [11]<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;hydrophonie:<br>\u00ab\u00a0Tomb\u00e9e de la nuit. Un preneur de son est assis dans une petite cabane isol\u00e9e sur les terres incultes et gel\u00e9es d&rsquo;Antarctique. Il plonge un hydrophone \u00e0 travers un petit trou dans la glace, puis s&rsquo;installe \u00e0 son magn\u00e9tophone, le casque enfoui sous sous des couches de v\u00eatements thermiques. Il appuie sur la touche d&rsquo;enregistrement et il est soudain spectaculairement projet\u00e9 au c\u0153ur d&rsquo;une sombre cath\u00e9drale sous-marine aux vo\u00fbtes de glace, habit\u00e9e de clics, d&rsquo;\u00e9chos, de bruits blancs et des m\u00e9lismes agit\u00e9s de sifflets \u00e0 hautes fr\u00e9quences, les appels des phoques de Weddell.<br>Tout comme la microscopie et les prises de vue acc\u00e9l\u00e9r\u00e9es, l&rsquo;enregistrement audio r\u00e9v\u00e9la des mondes inaccessibles.\u00a0\u00bb [12]<\/p>\n\n\n\n<p>Notes&nbsp;:<br>[1] Yannick Dauby \u00ab\u00a0Paysages sonores partag\u00e9s\u00a0\u00bb p. 8.<br>[2] \u00e9poch\u00e8 dictionnaire des arts m\u00e9diatiques du GRAM, Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec, Montr\u00e9al<br>[3] \u00e9coute r\u00e9duite dictionnaire des arts m\u00e9diatiques du GRAM, Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec, Montr\u00e9al<br>[4] paysage sonore dictionnaire des arts m\u00e9diatiques du GRAM, Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec, Montr\u00e9al<br>[5] fait sonore dictionnaire des arts m\u00e9diatiques du GRAM, Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec, Montr\u00e9al<br>[6] paysage sonore dictionnaire des arts m\u00e9diatiques du GRAM, Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec, Montr\u00e9al<br>[7] Jacqueline Caux \u00ab\u00a0Presque Rien avec Luc Ferrari\u00a0\u00bb \u00e9ditions Main d&rsquo;\u0152uvre p. 36 et 37<br>[8] Jacqueline Caux \u00ab\u00a0Presque Rien avec Luc Ferrari\u00a0\u00bb \u00e9ditions Main d&rsquo;\u0152uvre p. 128<br>[9] David Toop \u00ab\u00a0Ocean of Sound, Ambient music, mondes imaginaires et voix de l&rsquo;\u00e9ther\u00a0\u00bb \u00e9ditions Kargo et L\u2019\u00c9clat p. 42 \u00e0 44<br>[10] David Toop \u00ab\u00a0Ocean of Sound, Ambient music, mondes imaginaires et voix de l&rsquo;\u00e9ther\u00a0\u00bb \u00e9ditions Kargo et L\u2019\u00c9clat p. 159<br>[11] David Toop \u00ab\u00a0Ocean of Sound, Ambient music, mondes imaginaires et voix de l&rsquo;\u00e9ther\u00a0\u00bb \u00e9ditions Kargo et L\u2019\u00c9clat p. 193<br>[12] David Toop \u00ab\u00a0Ocean of Sound, Ambient music, mondes imaginaires et voix de l&rsquo;\u00e9ther\u00a0\u00bb \u00e9ditions Kargo et L\u2019\u00c9clat p. 250<\/p>\n\n\n\n<p>Bonus&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre Schaeffer \u00ab\u00a0Tra\u00eet\u00e9 des Objets Musicaux\u00a0\u00bb:<\/p>\n\n\n\n<p>p.69 capter les sons;<br>p.80 propri\u00e9t\u00e9s du son enregistr\u00e9;<br>p.83 le preneur de son comme interpr\u00e8te;<\/p>\n\n\n\n<p>David Toop \u00ab\u00a0Ocean of Sound\u00a0\u00bb:<\/p>\n\n\n\n<p>p. 139 Brian Eno et son exercice de prise de son&nbsp;:<br>\u00ab\u00a0Il y a une exp\u00e9rience que j&rsquo;ai faite. Depuis que je l&rsquo;ai fait, je me suis mis \u00e0 penser que c&rsquo;\u00e9tait plut\u00f4t un bon exercice que je recommanderais \u00e0 d&rsquo;autres personnes. J&rsquo;avais emmen\u00e9 un magn\u00e9tophone DAT \u00e0 Hyde Park pr\u00e8s de Bayswater Road, j&rsquo;ai enregistr\u00e9 un moment tous les sons qui se trouvaient l\u00e0 : les voitures qui passaient, les chiens, les gens. Je n&rsquo;en pensais rien de particulier et je l&rsquo;\u00e9coutais assis chez moi. Soudain, j&rsquo;ai eu cette id\u00e9e. Et si je prenais une section &#8211; une section de trois minutes et demie, la dur\u00e9e d&rsquo;un single &#8211; et que j&rsquo;essayais de l&rsquo;apprendre ? C&rsquo;est donc ce que j&rsquo;ai fait. Je l&rsquo;ai entr\u00e9e dans SoundTools et j&rsquo;ai fait un fondu d&rsquo;entr\u00e9e, j&rsquo;ai laiss\u00e9 tourner pendant trois minutes et demie, puis un fondu de sortie. Je me suis mis \u00e0 \u00e9couter ce truc sans cesse. Chaque fois que je m&rsquo;asseyais l\u00e0 pour travailler, je le passais. Je l&rsquo;ai enregistr\u00e9 sur un DAT vingt fois de suite ou quelque chose comme \u00e7a, et donc \u00e7a n\u2019arr\u00eatait pas de tourner. J&rsquo;ai essay\u00e9 de l&rsquo;apprendre exactement comme on le ferait pour une pi\u00e8ce de musique : ah oui, cette voiture, qui fait acc\u00e9l\u00e9rer son moteur, les tours minutes montent et puis ce chien aboie, et apr\u00e8s tu entends un pigeon sur le c\u00f4t\u00e9 l\u00e0-bas. C&rsquo;\u00e9tait un exercice extr\u00eamement int\u00e9ressant \u00e0 faire, avant tout parce que je me suis rendu compte qu&rsquo;on peut l&rsquo;apprendre. Quelque chose d&rsquo;aussi compl\u00e8tement arbitraire et d\u00e9cousu que \u00e7a, apr\u00e8s un nombre suffisant d&rsquo;\u00e9coutes, devient hautement coh\u00e9rent. Tu parviens vraiment \u00e0 imaginer que ce truc \u00e0 \u00e9t\u00e9 construit, d&rsquo;une certaine fa\u00e7on: \u00ab\u00a0OK, alors il met ce petit truc-l\u00e0 et ce motif arrive exactement au m\u00eame moment que ce machin. Excellent !\u00a0\u00bb Depuis que j&rsquo;ai fait \u00e7a, je suis capable d&rsquo;\u00e9couter beaucoup de choses tout \u00e0 fait diff\u00e9remment [&#8230;].\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>p. 141 :<br>\u00ab\u00a0Louis Sarno a r\u00e9alis\u00e9 de merveilleux enregistrements de la musique ba-benjell\u00e9 avec une m\u00e9thode inhabituelle consistant \u00e0 se tenir assis derri\u00e8re les arbres, loin de la source centrale du son, de telle sorte que la musique baigne dans un vaste paysage sonore constell\u00e9 d&rsquo;insectes et de chants d&rsquo;oiseaux, de sons quotidiens du village, du bruissement de l&rsquo;air et du souffle de la bande.<br>[&#8230;]<br>\u00ab\u00a0Par une nuit calme, la pulsation des timbres profonds d&rsquo;un tambour est arriv\u00e9e du lointain \u00e0 travers la for\u00eat\u00a0\u00bb, \u00e9crit Sarno, [&#8230;] \u00ab\u00a0et nous nous allonge\u00e2mes dans l&rsquo;obscurit\u00e9, \u00e9coutant ce l\u00e9ger tatouage qui semblait fusionner avec la pulsation naturelle de la nuit m\u00eame.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>p. 142, Brian Eno et l&rsquo;exp\u00e9rience de la prise de son :<br>\u00ab\u00a0Quand j&rsquo;\u00e9tais au Ghana, j&rsquo;avais emport\u00e9 un micro st\u00e9r\u00e9o et un magn\u00e9tophone \u00e0 cassettes, soi-disant pour enregistrer la musique indig\u00e8ne et des motifs de langage. Au lieu de cela, je me suis retrouv\u00e9 assis dans le patio pendant des soir\u00e9es avec le micro dispos\u00e9 de mani\u00e8re \u00e0 saisir la plus grande vari\u00e9t\u00e9 de sons ambiants, provenant de toutes les directions, et \u00e0 en \u00e9couter le r\u00e9sultat au casque. L&rsquo;effet que produisit ce simple dispositif technologique fut d&rsquo;amalgamer tous ces sons disparates pour former un cadre sonore : ils devenaient de la musique\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>p. 251 Olivier Messiaen;<br>\u00ab\u00a0La nature est la ressource supr\u00eame\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>p. 263 Murray Schafer;<br>\u00ab\u00a0Cet estompement des fronti\u00e8res entre musique et sons environnementaux pourrait finir par s&rsquo;av\u00e9rer \u00eatre le ph\u00e9nom\u00e8ne le plus important de toute la musique du XXe si\u00e8cle.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>p. 280 magn\u00e9to medium&nbsp;:<br>\u00ab\u00a0Le docteur Konstantin Raudive, ancien \u00e9l\u00e8ve de Carl Jung et autrefois professeur de psychologie aux universit\u00e9s d&rsquo;Uppsala et de Riga, croyait qu&rsquo;un magn\u00e9tophone qu&rsquo;on laissait tourner en enregistrement dans une pi\u00e8ce calme pouvait capturer la voix des morts. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne, s&rsquo;il existe, f\u00fbt proph\u00e9tis\u00e9 par Thomas Edison, l&rsquo;inventeur du phonographe, mais d\u00e9couvert \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1950 par un musicien du nom de Friedrich J\u00fcrgenson. En emmenant un magn\u00e9tophone dans la campagne su\u00e9doise pour enregistrer des chants d&rsquo;oiseaux, il saisit \u00e9galement de faibles conversations qui, de mani\u00e8re co\u00efncidente ou pas, \u00e9taient des discussions ressemblant aux chants d&rsquo;oiseaux de nuit.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Suggestions d\u2019\u00e9coutes :<br>*Bernard Fort \u00ab\u00a0Compositions ornithologiques\u00a0\u00bb<br><a href=\"https:\/\/tempo-reale-collection.bandcamp.com\/track\/etude-sous-la-pluie\">https:\/\/tempo-reale-collection.bandcamp.com\/track\/etude-sous-la-pluie<\/a><br>*Luc Ferrari \u00ab\u00a0H\u00e9t\u00e9rozygote\u00a0\u00bb<br><a href=\"https:\/\/lucferrari.bandcamp.com\/track\/h-t-rozygote\">https:\/\/lucferrari.bandcamp.com\/track\/h-t-rozygote<\/a><br>*Jean-Fran\u00e7ois Laporte \u00ab\u00a0Mantra\u00a0\u00bb<br><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=mz_ECQEhsJw\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=mz_ECQEhsJw<\/a><br>*Chris Watson \u00ab\u00a0Weather Report\u00a0\u00bb<br><a href=\"https:\/\/chriswatsonreleases.bandcamp.com\/album\/weather-report\">https:\/\/chriswatsonreleases.bandcamp.com\/album\/weather-report<\/a><br>*Francisco Lopez \u00ab\u00a0Buildings New York\u00a0\u00bb<br><a href=\"https:\/\/franciscolopez.bandcamp.com\/track\/buildings-new-york-2001\">https:\/\/franciscolopez.bandcamp.com\/track\/buildings-new-york-2001<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En d\u00e9cembre 2005, alors \u00e9l\u00e8ve de composition \u00e9lectroacoustique au CRR de Bordeaux, je devais produire un expos\u00e9 sur le sujet de mon choix (en lien avec la musique concr\u00e8te).C\u2019est plein d\u2019enthousiasme que je me suis attaqu\u00e9 \u00e0 un gros morceau, comme vous pourrez en juger \u00e0 la lecture du titre (d\u2019\u00e9poque) ci-apr\u00e8s.Je n\u2019avais pas encore [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[33,37],"class_list":["post-783","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-uncategorized","tag-acousmatique","tag-paysage-sonore"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/elytres.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/783","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/elytres.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/elytres.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/elytres.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/elytres.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=783"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/elytres.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/783\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":786,"href":"https:\/\/elytres.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/783\/revisions\/786"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/elytres.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=783"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/elytres.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=783"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/elytres.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=783"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}